{"id":352,"date":"2025-04-18T11:34:30","date_gmt":"2025-04-18T11:34:30","guid":{"rendered":"https:\/\/wemuse.be\/?p=352"},"modified":"2025-04-18T11:34:30","modified_gmt":"2025-04-18T11:34:30","slug":"sexualite-feminine-2-0-liberation-ou-nouvelle-norme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wemuse.be\/index.php\/2025\/04\/18\/sexualite-feminine-2-0-liberation-ou-nouvelle-norme\/","title":{"rendered":"Sexualit\u00e9 f\u00e9minine 2.0 : lib\u00e9ration ou nouvelle norme ?"},"content":{"rendered":"\n<p>Selon une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par <em>MailWater<\/em> en 2024, 51,7% des femmes utilisent TikTok en Belgique. Un chiffre r\u00e9v\u00e9lateur, quand on sait \u00e0 quel point ces plateformes fa\u00e7onnent aujourd\u2019hui les repr\u00e9sentations du corps, du d\u00e9sir et du plaisir f\u00e9minin. En effet, dans un scroll effr\u00e9n\u00e9 sur TikTok ou Instagram, on tombe aussi bien sur des sexologues qui lib\u00e8rent la parole autour de la vie sexuelle f\u00e9minine que sur une influenceuse \u00e0 la pose millim\u00e9tr\u00e9e dans des sous-v\u00eatements \u00ab\u00a0sexy et confort\u00a0\u00bb. \u00a0<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"487\" src=\"https:\/\/wemuse.be\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/image-2-1024x487.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-353\" srcset=\"https:\/\/wemuse.be\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/image-2-1024x487.png 1024w, https:\/\/wemuse.be\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/image-2-300x143.png 300w, https:\/\/wemuse.be\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/image-2-768x365.png 768w, https:\/\/wemuse.be\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/image-2-1536x730.png 1536w, https:\/\/wemuse.be\/wp-content\/uploads\/2025\/04\/image-2-2048x973.png 2048w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00a9 Unsplash \u2013 Karolina Grabowska<\/p>\n\n\n\n<p>Entre empowerment et performance, les r\u00e9seaux sociaux sont devenus un terrain glissant o\u00f9 se croisent \u00e9ducation sexuelle, d\u00e9sir de lib\u00e9ration et nouvelles injonctions. La sexualit\u00e9 f\u00e9minine version 2.0 est-elle vraiment lib\u00e9ratrice\u2026 ou simplement pi\u00e9geuse?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une parole plus libre pour des corps plus visibles<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis plusieurs ann\u00e9es, la parole se lib\u00e8re sur les r\u00e9seaux sociaux, des comptes comme @sexualis.sexologie @momentsexo @sexosoins @lea.butine partagent des sch\u00e9mas, t\u00e9moignages et conseils pour une vie sexuelle plus comprise, d\u00e9complex\u00e9e et \u00e9panouie.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette parole crue, directe et parfois militante fait du bien \u00e0 notre g\u00e9n\u00e9ration. Les commentaires sous les publications de @lea.butine parlent d\u2019eux-m\u00eames : \u00ab&nbsp;<em>Merci pour ces conseils, encore et toujours un post int\u00e9ressant, instructif et tr\u00e8s beau&nbsp;<\/em>\u00bb, \u00ab<em>&nbsp;J\u2019avoue, les infos me sont plus qu\u2019utiles, j\u2019ai l\u2019impression de red\u00e9couvrir ma sexualit\u00e9 au travers de ces tips&nbsp;<\/em>\u00bb.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re ces contenus : une volont\u00e9 claire. Replacer le plaisir f\u00e9minin au centre des discussions, briser les tabous et construire une sexualit\u00e9 qui ne soit pas dict\u00e9e uniquement par le regard masculin ou par la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout \u00e7a, c\u2019est ce qu\u2019on appelle<strong> l\u2019empowerment sexuel<\/strong> : le fait de d\u00e9couvrir ce que la femme aime, en parler librement, fixer ses propres limites et de ne pas se laisser dicter quoi faire, ni par la soci\u00e9t\u00e9, ni par un partenaire.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Mais une sexualit\u00e9 toujours aussi esth\u00e9tique\u00a0<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Si la parole se lib\u00e8re petit \u00e0 petit, elle reste tout de m\u00eame enferm\u00e9e dans des codes bien pr\u00e9cis. \u00catre empowered, oui, mais sexy, lisse et styl\u00e9e, c\u2019est mieux. Les poses sont ma\u00eetris\u00e9es, les corps filtr\u00e9s, les cheveux bien plac\u00e9s. Le plaisir, oui, mais <em>instagrammable<\/em>, s\u2019il vous pla\u00eet.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur TikTok, des trends (\u00ab&nbsp;tendances&nbsp;\u00bb) comme le \u00ab&nbsp;Hot girl transition&nbsp;\u00bb d\u00e9veloppent une esth\u00e9tisation constante du corps. L\u2019expression de soi semble encourag\u00e9e, mais dans un cadre tr\u00e8s norm\u00e9 : ventres plats, lingerie d\u00e9licate, bougies allum\u00e9es et draps froiss\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est ce qu\u2019on peut appeler la <strong>performance<\/strong> : C\u2019est l\u2019id\u00e9e qu\u2019il faut \u201cbien faire\u201d sa sexualit\u00e9 : \u00eatre attirante, savoir quoi faire, para\u00eetre d\u00e9sir\u00e9e et d\u00e9sirable. C\u2019est une sorte de mise en sc\u00e8ne o\u00f9 on se sent parfois oblig\u00e9e d\u2019agir comme on pense qu\u2019il \u201cfaut\u201d \u00eatre.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Lib\u00e9ration ou nouvelle forme de contr\u00f4le ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce paradoxe, beaucoup le ressentent : plus on parle de sexualit\u00e9, plus les codes visuels semblent resserr\u00e9s. Derri\u00e8re cette ambivalence, les algorithmes jouent un r\u00f4le majeur. Les contenus les plus \u201cconformes\u201d aux standards (blanches, jeunes, minces, h\u00e9t\u00e9rosexuelles, sexy mais pas trop explicites) sont valoris\u00e9s. Les autres contenus (queer, corps hors normes, paroles plus brutes) sont souvent invisibilis\u00e9s, voire censur\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>On assiste donc \u00e0 une normalisation de la sexualit\u00e9 f\u00e9minine \u201c<em>marketable<\/em>\u201d, celle qui pla\u00eet, qui se vend, et qui n\u2019effraie pas les marques. M\u00eame les discours f\u00e9ministes peuvent \u00eatre absorb\u00e9s et \u00e9dulcor\u00e9s par cette logique de performance.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Et si on prenait vraiment le contr\u00f4le ?&nbsp;<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9seaux sociaux donnent la parole, oui. Mais ils la filtrent. C\u2019est pour \u00e7a qu\u2019il faut regarder au-del\u00e0 du simple fait de parler de sexualit\u00e9, et s\u2019interroger sur le syst\u00e8me dans lequel cette parole est produite. Il est donc essentiel de se questionner : qui parle, comment, et dans quel cadre ?<\/p>\n\n\n\n<p>La lib\u00e9ration sexuelle ne sera r\u00e9elle que si elle s\u2019accompagne d\u2019un droit au plaisir pour toutes, sans norme esth\u00e9tique ni injonction \u00e0 la performance.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela passe par des voix plus diverses, des corps plus vrais, des discours moins liss\u00e9s. Il est aussi important d\u2019inclure une \u00e9ducation sexuelle qui sorte des clich\u00e9s, et qui apprenne aux jeunes filles \u00e0 se conna\u00eetre pour elles-m\u00eames, pas pour correspondre \u00e0 une version \u201c<em>likeable<\/em>\u201d d\u2019elles-m\u00eames.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Entre exposition et \u00e9mancipation<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les r\u00e9seaux sociaux ont ind\u00e9niablement ouvert la parole vers une sexualit\u00e9 f\u00e9minine plus libre et revendiqu\u00e9e. Mais cette \u00e9mancipation num\u00e9rique ne vient pas sans zones grises. Car \u00e0 mesure que les femmes parlent, on attend d\u2019elles qu\u2019elles parlent <em>bien<\/em> : avec les bons mots, dans les bons codes, et surtout dans une esth\u00e9tique qui reste acceptable. Il s\u2019agit donc de regarder cet espace avec une certaine lucidit\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Et peut-\u00eatre que le vrai empowerment ne r\u00e9side pas dans le fait de poster ou non, mais dans le droit de choisir librement et sans validation ext\u00e9rieure ce que l\u2019on veut dire, montrer ou garder pour soi.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Selon une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par MailWater en 2024, 51,7% des femmes utilisent TikTok en Belgique. Un chiffre r\u00e9v\u00e9lateur, quand on sait \u00e0 quel point ces plateformes fa\u00e7onnent aujourd\u2019hui les repr\u00e9sentations du corps, du d\u00e9sir et du plaisir f\u00e9minin. 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