{"id":565,"date":"2025-05-22T16:27:40","date_gmt":"2025-05-22T16:27:40","guid":{"rendered":"https:\/\/wemuse.be\/?p=565"},"modified":"2025-05-22T16:29:34","modified_gmt":"2025-05-22T16:29:34","slug":"professionnelles-mais-pas-egales-ce-que-les-sportives-endurent-encore-en-2025","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wemuse.be\/index.php\/2025\/05\/22\/professionnelles-mais-pas-egales-ce-que-les-sportives-endurent-encore-en-2025\/","title":{"rendered":"Professionnelles mais pas \u00e9gales : ce que les sportives endurent encore en 2025\u00a0"},"content":{"rendered":"\n<p>Le sport f\u00e9minin : la m\u00eame sueur, mais pas la m\u00eame reconnaissance<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"838\" height=\"682\" src=\"https:\/\/wemuse.be\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/838-gettyimages-591900346.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-566\" srcset=\"https:\/\/wemuse.be\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/838-gettyimages-591900346.jpg 838w, https:\/\/wemuse.be\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/838-gettyimages-591900346-300x244.jpg 300w, https:\/\/wemuse.be\/wp-content\/uploads\/2025\/05\/838-gettyimages-591900346-768x625.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 838px) 100vw, 838px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><em>\u00a0Par Boston Globe \u2013 Getty. Kathrine Zwitzer, agress\u00e9e le 19 avril 1967, lors du marathon de Boston.\u00a0<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Des millions de spectateurs, des stades pleins, des records battus. Le sport f\u00e9minin ne cesse de progresser. Et pourtant, derri\u00e8re cette vitrine de modernit\u00e9 se cache une r\u00e9alit\u00e9 beaucoup moins reluisante : les femmes athl\u00e8tes continuent de jouer \u00e0 armes in\u00e9gales. Car dans le monde du sport, la performance ne garantit ni la reconnaissance, ni la r\u00e9mun\u00e9ration que ces femmes m\u00e9ritent.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>M\u00eames efforts, diff\u00e9rents salaires<\/p>\n\n\n\n<p>En 2023, Sam Kerr, attaquante de Chelsea et star mondiale du football f\u00e9minin, a gagn\u00e9 environ 500 000 euros. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, son \u00e9quivalent masculin Harry Kane d\u00e9passe les 20 millions. M\u00eame sport, m\u00eame poste, m\u00eame engagement. Mais deux mondes diff\u00e9rents. Ce n\u2019est pas une anomalie, c\u2019est la norme. Ces \u00e9carts sont pr\u00e9sents dans diff\u00e9rents sports, une joueuse de D1 fran\u00e7aise gagne en moyenne 2 500 \u20ac par mois, contre 100 000 \u20ac pour un joueur de Ligue 1. Le FC Barcelone f\u00e9minin, triple finaliste de Ligue des Champions, tourne avec 10 millions de budget, contre 500 millions pour les hommes. Le tennis est \u00e9galement un sport ou l\u2019in\u00e9galit\u00e9 est malheureusement pr\u00e9sente, en 2023, le Masters f\u00e9minin a distribu\u00e9 9 millions de dollars et hors des projecteurs, les dotations f\u00e9minines restent 30 \u00e0 50 % inf\u00e9rieures.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Moins vues, donc moins pay\u00e9es&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le sport f\u00e9minin est pris au pi\u00e8ge d\u2019un cercle vicieux : moins visible, donc moins sponsoris\u00e9 et m\u00e9diatis\u00e9. R\u00e9sultat ? 40 % des pratiquants sont des femmes, mais elles ne b\u00e9n\u00e9ficient que de 4 % de la couverture m\u00e9diatique mondiale. Et seulement 0,4 % du sponsoring sportif mondial leur est destin\u00e9. La Coupe du monde f\u00e9minine 2023 a pourtant r\u00e9uni 2 milliards de t\u00e9l\u00e9spectateurs. Mais les joueuses ont re\u00e7u quatre fois moins que leurs \u00e9quivalents masculins en 2022. Le succ\u00e8s est l\u00e0 mais les moyens, eux non.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Sexisme structurel : une tradition bien ancr\u00e9e&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le sport a longtemps \u00e9t\u00e9 pens\u00e9 par et pour les hommes. Pendant des d\u00e9cennies, les Jeux Olympiques ont exclus les femmes, consid\u00e9r\u00e9es comme trop faibles ou trop inint\u00e9ressantes. Ce n\u2019est qu\u2019en 1934, apr\u00e8s le combat d\u2019Alice Milliat, une militante infatigable pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes, que les \u00e9preuves f\u00e9minines ont \u00e9t\u00e9 int\u00e9gr\u00e9es aux JO. Mais les mentalit\u00e9s tardent \u00e0 suivre. Tenues impos\u00e9es, sexualisation des corps, contr\u00f4le de la f\u00e9minit\u00e9 : les sportives doivent souvent composer avec des injonctions absurdes. Pourquoi impose-t-on aux volleyeuses des shorts tr\u00e8s courts quand leurs \u00e9quivalents masculins portent des tenues amples ? Pourquoi les tenues des gymnastes ou des joueuses de beach-volley doivent-elles encore plaire au \u201cregard masculin\u201d plus qu\u2019assurer confort et performance ? Ce \u201cmale gaze\u201d, comme dit la militante Laura Mulvey, est partout. M\u00eame l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on pr\u00e9tend juger uniquement sur le m\u00e9rite. Dans certains clubs, les sportives n\u2019ont m\u00eame pas de vestiaires dignes de ce nom. Elles doivent partager des installations \u00e0 peine propres, parfois m\u00eame s\u2019habiller dans les tribunes, pendant que les hommes disposent d\u2019infrastructures modernes, spacieuses, souvent montr\u00e9es dans les m\u00e9dias. Les \u00e9quipements, les soins m\u00e9dicaux, le mat\u00e9riel, tout est pens\u00e9 en priorit\u00e9 pour les sections masculines. Ces \u00e9carts ne sont pas que logistiques. Ils traduisent une hi\u00e9rarchie profond\u00e9ment pr\u00e9sente. Un message implicite mais clair, l&rsquo;homme passe avant tout.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Harc\u00e8lement, abus et silence forc\u00e9\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Le monde du sport n\u2019\u00e9chappe pas au fl\u00e9au des violences sexistes. 55 % des sportives d\u00e9clarent avoir subi du harc\u00e8lement ou des abus sexuels au cours de leur carri\u00e8re. Entra\u00eeneurs, dirigeants, agents : les figures d\u2019autorit\u00e9 deviennent parfois des bourreaux, dans l\u2019indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale. Le mouvement #MeToo a commenc\u00e9 \u00e0 briser ce silence. Mais la peur des repr\u00e9sailles, la pr\u00e9carit\u00e9 des contrats dans certaines f\u00e9d\u00e9rations maintiennent encore trop de victimes dans l\u2019ombre. Derri\u00e8re les sourires sur le podium, de nombreuses athl\u00e8tes souffrent en silence. Pour les sportives racis\u00e9es, la r\u00e9alit\u00e9 est encore plus rude. Invisibles dans les m\u00e9dias, souvent rel\u00e9gu\u00e9es au second plan par les sponsors, elles subissent un double regard : sexiste et raciste. Elles sont plus expos\u00e9es aux remarques discriminantes, \u00e0 la stigmatisation de leur corps ou \u00e0 des standards de beaut\u00e9 eurocentr\u00e9s qu\u2019elles sont pri\u00e9es de suivre pour \u00ab correspondre \u00e0 l\u2019image \u00bb. Cette double peine limite leur ascension, leur reconnaissance, leur place dans les structures dirigeantes du sport.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Les st\u00e9r\u00e9otypes qui persistent<\/p>\n\n\n\n<p>Pourquoi ces in\u00e9galit\u00e9s r\u00e9sistent-elles, malgr\u00e9 les performances, les records et l\u2019engouement croissant pour le sport f\u00e9minin ? Parce qu\u2019elles s\u2019enracinent dans des st\u00e9r\u00e9otypes sexistes tenaces. Le mythe d\u2019une pr\u00e9tendue inf\u00e9riorit\u00e9 physique des femmes continue de servir d\u2019excuse \u00e0 une hi\u00e9rarchie injuste. \u00c0 cela s\u2019ajoute les m\u00e9dias qui diffusent ce qui rapporte et les sponsors investissent l\u00e0 o\u00f9 il y a de la visibilit\u00e9. Pire, certains r\u00e8glements freinent activement la progression : des championnats f\u00e9minins peinent encore \u00e0 \u00eatre reconnus comme professionnels, privant les joueuses de droits fondamentaux. Tant que le regard collectif ne changera pas, les sportives devront continuer \u00e0 prouver leur force sans perdre leur f\u00e9minit\u00e9, gagner sans d\u00e9ranger, briller sans trop en faire. Leur l\u00e9gitimit\u00e9, elles doivent malheureusement la reconqu\u00e9rir \u00e0 chaque match, chaque podium, chaque prise de parole.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Des victoires arrach\u00e9es, pas offertes&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 tout, certaines avanc\u00e9es redonnent espoir. En 2022, les footballeuses am\u00e9ricaines ont obtenu l\u2019\u00e9galit\u00e9 salariale apr\u00e8s six ans de bataille juridique. Certains pays comme la Norv\u00e8ge et l\u2019Australie ont suivi l\u2019exemple. En France, le PSG et l\u2019OL investissent davantage dans leurs sections f\u00e9minines. Des campagnes cibl\u00e9es men\u00e9es par Nike, Adidas ou Visa donnent enfin une tribune aux sportives. Mais ces progr\u00e8s sont l\u2019arbre qui cache une for\u00eat d\u2019injustices. Ils ne doivent pas masquer l\u2019essentiel : on parle de droits fondamentaux, pas de privil\u00e8ges. L\u2019\u00e9galit\u00e9 ne devrait pas \u00eatre l\u2019aboutissement d\u2019un combat. Elle devrait \u00eatre la norme.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le sport est un miroir de notre soci\u00e9t\u00e9.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Tant que les femmes y seront moins pay\u00e9es, moins vues, moins crues, le message est limpide : elles valent moins. Et pourtant, tout prouve le contraire. Le talent est l\u00e0. L\u2019engagement est l\u00e0 et le public est pr\u00eat. Il ne s\u2019agit pas de favoriser les femmes. Il s\u2019agit d\u2019\u00eatre justes. Et dans le sport, la justice commence par l\u2019\u00e9galit\u00e9 de traitement, de salaire, de respect. Parce qu\u2019une m\u00e9daille n\u2019a pas de genre.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le sport f\u00e9minin : la m\u00eame sueur, mais pas la m\u00eame reconnaissance \u00a0Par Boston Globe \u2013 Getty. Kathrine Zwitzer, agress\u00e9e le 19 avril 1967, lors du marathon de Boston.\u00a0 Des millions de spectateurs, des stades pleins, des records battus. Le sport f\u00e9minin ne cesse de progresser. 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